Notes de ma cabane de moine

Certains tombaient, suffoqués par la fumée, d’autres périssaient subitement enveloppés par les flammes ; d’autres encore qui avaient de justesse échappé au danger, impuissants à sauver leurs biens et leurs meubles, voyaient, là, sous leurs yeux, tous leurs trésors réduits en cendres. Qui pourrait estimer ces pertes ?
Cette fois-là, l’incendie a dévoré seize demeures seigneuriales. En plus, d’innombrables maisons ont disparu. Un tiers de la ville a brûlé, dit-on. Plusieurs milliers de personnes, hommes et femmes, sont mortes ; impossible de dire le nombre de victimes parmi le bétail.
Au fond, toutes les entreprises humaines sont stupides et vaines ; que penser des hommes qui ont dépensé leur fortune, et ont peiné pour construire leurs maisons au milieu d’une ville aussi exposée au danger ? N’est-ce pas éminemment pitoyable ?

Kamo no Chomei (鴨長明) 1155-1216

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